Les faux souvenirs induits sont des souvenirs d’événements qui ne se sont jamais produits, ou des souvenirs déformés d’événements réels, souvent implantés de manière involontaire ou délibérée lors de certaines pratiques thérapeutiques non conventionnelles.
En kinésiologie, ces dérives peuvent survenir, notamment lorsque les praticiens sont mal formés et recourent à des méthodes ésotériques ou suggestives.
Mécanismes d’implantation des faux souvenirs
Les faux souvenirs se forment principalement par :
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La suggestion : Le praticien, volontairement ou non, suggère au client qu’un événement passé (souvent traumatique) serait à l’origine de ses symptômes actuels. Cette suggestion peut être directe (« Vous avez peut-être subi un traumatisme dans l’enfance ») ou indirecte, à travers des questions orientées ou des interprétations symboliques.
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La recherche de souvenirs « retrouvés » : Certaines méthodes, inspirées de l’hypnose ou de la « mémoire du corps », poussent le patient à « retrouver » des souvenirs enfouis, alors qu’il s’agit en réalité de constructions mentales influencées par le contexte thérapeutique et les attentes du praticien.
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L’ajout de détails sensoriels : Le thérapeute encourage le client à donner des détails précis (images, sons, sensations), rendant le souvenir plus crédible et plausible, alors qu’il n’a aucune base réelle.
Pratiques ésotériques et kinésiologie
La kinésiologie, en tant que pratique holistique, puise dans des concepts issus de la médecine traditionnelle chinoise, de la chiropractie ou de l’acupressure, mais certains praticiens y ajoutent des éléments ésotériques, comme la lecture des vies antérieures, l’activation de la kundalini, la mediumnité, l’interprétation des énergies, le chamanisme, la communication avec des entités invisibles, etc…. Ces pratiques augmentent le risque d’induire des faux souvenirs :
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Techniques de suggestion : Utilisation de tests musculaires pour « révéler » des traumatismes cachés ou des événements de vies antérieures.
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Mise sous emprise : Le praticien, en position d’autorité, peut convaincre le client de la véracité de souvenirs inventés, ce qui peut entraîner une rupture familiale ou sociale, voire des accusations infondées d’abus, etc.
Conséquences pour les patients
Les conséquences de l’implantation de faux souvenirs en kinésiologie peuvent être graves :
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Ruptures familiales : Des souvenirs d’abus ou de maltraitance, totalement inventés, peuvent conduire à des conflits majeurs et à des procédures judiciaires injustifiées.
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Détresse psychologique : Le client peut développer une véritable souffrance liée à ces souvenirs, avec un sentiment d’avoir été victime, alors que l’événement n’a jamais eu lieu.
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Perte de repères : La confusion entre réalité et fiction peut fragiliser l’équilibre psychique du patient, voire aggraver ses troubles initiaux.
Les faux souvenirs induits par des pratiques ésotériques en kinésiologie représentent un danger bien documenté, surtout lorsque les praticiens manquent de formation et usent de techniques suggestives.
Il s’agit d’une dérive thérapeutique qui peut avoir des conséquences humaines et sociales dramatiques.
La vigilance s’impose pour éviter ces manipulations de la mémoire et protéger les personnes vulnérables
